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Explication de quelques idéogrammes

Explication de quelques idéogrammes

Certains termes de la philosophie chinoise utilisés en sinothérapie sont intraduisibles tant leur signification est riche et complexe. C’est d’ailleurs pourquoi les langues étrangères ont préféré les garder intacts : Tao, Yin, Yang, Qì… Autant de grands concepts fondateurs de la vision chinoise du monde, et dont le sens subtil peut être compris grâce à l’idéogramme correspondant. Les idéogrammes sont comme des symboles, plus proches du dessin que de l’écriture, et ajoutent à la puissance poétique de la langue chinoise, mais aussi à la profondeur du sens de chaque mot.

Tao

tao-calligraphieLe Tao est la base de la philosophie chinoise. On le traduit parfois par « voie » ou « chemin », même si le terme englobe une réalité plus large et ineffable. Il représente le principe qui engendre tout ce qui existe, l’essence même de la réalité.

L’idéogramme est constitué de deux parties : celle de gauche, qui s’étend vers le bas symbolise les premiers pas puis un chemin à parcourir. Celle de droite symbolise un sage (le bloc) aux cheveux dénoués (la partie plus légère du dessus). Le Tao, c’est la sagesse en mouvement ou le mouvement menant à la sagesse, le cheminement d’une vie ou la vie en chemin.


Yin-Yang

yin-yang-calligraphieSi l’on se réfère aux idéogrammes chinois d’origine (ici Yin en haut et Yang en bas), on voit qu’ils sont constitués de deux blocs, un à gauche et un à droite. Celui de gauche – rappelant un B majuscule – est le même, ceci nous rappelle que Yin et Yang ont la même origine et ne valent rien l’un sans l’autre. Ce bloc symbolise une montagne, dont Yin et Yang sont les deux versants.

Quant au bloc de droite, il montre pour le Yang le soleil se levant au-dessus d’une averse, éclairant la montagne. Pour le Yin, il montre quelque chose de plus compact : de la brume se levant et des nuages s’accumulant pour cacher le soleil, couvrant ainsi la montagne d’ombre.

Il est important de remarquer que pour le Yang, il ne s’agit pas d’un paysage pleinement ensoleillé mais de la pluie tendant au retour du beau temps, comme un orage se dissipant. De la même manière pour le Yin, il ne s’agit pas d’un paysage totalement obscur mais du beau temps tendant vers la pluie, comme un orage arrivant. Yin et Yang ne sont donc pas des états distincts mais des transitions, on retrouve toujours cette notion de relativité, de mouvement et de transformation propre à la vision chinoise du monde. Une citation issue du Yi Jing (l’ouvrage fondamental de la civilisation chinoise) dit : « le Yin c’est ce qui va devenir Yang et le Yang, c’est ce qui va devenir Yin ».


ideogramme-qiL’idéogramme chinois originel du Qì, au contraire du concept subtil que renferme le terme, est fort simple : il symbolise un grain de riz en train de cuire et la vapeur qui s’élève, montrant l’idée d’action, de transformation permanente propre à cette énergie, ce souffle de vie qui nous parcourt à chaque instant. Le Qì est ainsi à la fois aussi léger et immatériel que la vapeur (Yang) et aussi dense que la céréale (Yin), il est donc bien cette force qui jaillit de la confrontation du Yin-Yang. L’idéogramme actuel n’a gardé que la partie supérieure : celle de la vapeur émanée de la cuisson du riz – le Qì du corps humain est pour la majeure partie issu de la nourriture.